Calcaires de l’Armorique

Les calcaires de l’Armorique forment des bancs jaunâtres à gris-bleu. Ces roches sont constituées à 50% au moins de carbonate de calcium et contiennent parfois une certaine proportion d’argile les rendant plus foncées.

Mode de formation

Le calcaire se forme en milieu aquatique soit par précipitation d’ions Ca2+ dissous dans l’eau en CaCO3, soit par l’activité d’êtres vivants. En effet, le calcaire constitue la coquille des organismes marins, et le squelette de micro-algues et animaux marins. Après la mort de ces organismes, leur accumulation sur le fond marin forme au fil des millions d’années, par compaction, les roches calcaires.

Origine

Les calcaires de l’Armorique contiennent des fossiles de coraux typiques des eaux chaudes et peu profondes des régions tropicales. Ces récifs coralliens construits par des colonies en forme de tubes abritaient une multitude d’espèces (éponges, crinoïdes, algues). Ces organismes vivaient il y a 410 millions d’années (Ma) vers 30° de latitude sud ! Ils témoignent du long voyage de la plaque tectonique Armorica, débuté vers -500 Ma depuis le pôle sud, pour rejoindre sa position actuelle vers 48° nord.

Quelle utilisation par l’homme ?

Le calcaire est rare en Bretagne. Exploité localement lorsqu’il affleurait, il a notamment été utilisé pour la construction du Fort de la Fraternité édifié en 1793 pour protéger la baie de Camaret-sur-Mer. Le gisement fut ensuite exploité dans la seconde moitié du XIXème siècle pour produire de la chaux utile pour la construction des fortifications. Extraites de la falaise, les roches calcaires étaient brûlées dans le four visible en contrebas. Une dizaine de fours à chaux existaient en presqu’île de Crozon, dont le plus imposant était celui de Rosan.

Où observer cette roche ? 

Les plus beaux affleurements de calcaires de l’Armorique sont situés à la Pointe de l’Armorique (Porz Boulou) sur la presqu’île de Plougastel, qui est la localité-type de cette formation géologique, ainsi que dans les falaises de la Fraternité en presqu’île de Crozon.

Le saviez-vous ?

Quelques gouttes d’acide, de vinaigre blanc par exemple, permettent de déterminer si la roche contient du calcaire. En effet, on observe alors une effervescence (bulles) qui marque la réaction chimique de dégazage de CO2. N’oubliez pas lorsque vous partez en randonnée de prendre votre petit tube de vinaigre !

Références

  • Plusquellec Y. (coord.), 1980 – Les schistes et calcaires de l’Armorique (Dévonien inférieur, Massif armoricain). Mém. Soc. Géol. Minéral. Bretagne, 23, 317 p.
  • Plusquellec Y., 1992 – Géologie de la Presqu’îlè de Plougastel. Penn ar Bed, 144/145, 64p.
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